#humansofpandemics. 16 mars 2020.

Journal de confinement tenu par une gymnasienne : semaine 1.

Je n’aurai jamais pensé cela possible, mais c’était bien le cas : le gymnase avait fermé ses portes au vu de la pandémie de covid-19. Durant sept semaines, je ne verrais aucun de mes camarades, aucun de mes professeurs et je devrais suivre les cours depuis mon domicile.

Aujourd’hui, c’est lundi, le premier lundi où je ne vais au gymnase que pour y récupérer mes affaires. En sortant des bâtiments déserts, je profite de ce premier jour de confinement pour aller faire quelques courses. Au magasin, je constate ce que l’on raconte aux infos : des rayons sont vides. Ça ne fait rien car j’avais prévu d’acheter des légumes frais. Arrivée aux caisses, une prise de conscience m’arrive en plein dans la figure lorsque j’aperçois des lignes sur le sol afin de nous tenir à distance des autres, les caissières munies de gants et d’une plaque de plexiglas devant la caisse pour éviter les postillons des clients. Lorsque je rentre enfin à la maison, je suis plus que motivée à travailler. Mais ça ne dure pas, puisque je me fais incendier par mon père qui est stressé comme un bœuf à l’abattoir à cause de son travail qui disparait, encore une fois à cause de ce coronavirus. Dans la semaine, j’étais censée voir une amie, mais mes parents nous interdisent moi et mon frère de faire entrer qui que ce soit à l’intérieur, pour éviter la propagation du virus. Le seul moyen de voir quelqu’un, c’est de se voir à l’extérieur, à une distance de deux mètres et ne pas se toucher. Alors c’est ce que nous faisons, car au bout d’une semaine à être enfermée chez moi et à ne voir que ma famille, je ne supporte plus.

Le gymnase me manque et mes camarades encore plus. J’aime bien les cours à la maison car je vais à mon rythme et il n’y a pas toutes ces discussions que je juge parfois inutiles pendant les cours, mais ce qui me manque, c’est le contact social. Une semaine de confinement c’est sympa, mais pas sept ! Surtout que tout est fermé. Je ne peux plus aller boire un verre sur une terrasse avec des amis, je ne peux pas aller au cinéma avec mon copain, je ne peux rien faire. Mes cours de théâtre ont été suspendus et j’ai même dû annuler ma fête d’anniversaire pour mes 18 ans avec toute ma famille et mes amis. Heureusement, depuis le 1er janvier 2020, je tiens un carnet dans lequel j’écris la chose que j’ai le plus apprécié dans ma journée et cela chaque jour. Je peux donc voir chaque chose positive de ce confinement, malgré le négatif qui en découle. Par exemple, j’ai fait les affonds de ma chambre, j’ai pu trier absolument toutes mes affaires et j’ai appris à cuisiner les légumes que j’avais achetés en début de semaine. Durant ce confinement, j’ai aussi beaucoup plus de temps pour moi. J’ai enfin pu lire les livres de ma bibliothèque, j’ai pu faire des soins à mes cheveux et chaque matin, je me lève pour faire du sport et promener mon chien.

Pour finir, si je devais dire une seule chose pour résumer ce que j’ai appris de cette première semaine en quarantaine, ce serait de tirer du positif de chaque chose que la vie a à nous offrir.

Anonyme

Ce témoignage provient d’un journal de confinement online tenu par des gymnasiens et gymnasiennes