#humansofpandemics. Printemps 2020. Si ça n’a pas toujours été facile de vivre la pandémie dans sa première phase du printemps 2020, je souligne que le fait d’habiter dans un village vaudois dont les sorties permettent de se trouver très rapidement sur des chemins de campagne a été un plus. Dans la mesure du possible je parcourais 4 à 8 km par jour en croisant au maximum 10 personnes sur tout le parcours. (Normal avec le “Restez Chez Vous”)
Si le reste de la vie était articulé autour des restrictions et des règles à respecter par les aînés (je suis né en 1950 et demeure seul avec mon épouse après que les enfants ont quitté le domicile familial), on nous apportait les courses ou j’allais en prendre possession sur le parking du centre commercial tout proche.

C’était sans oublier que la nécessité d’aller à la pharmacie ne pouvait être écartée. Ainsi, un jour je me suis rendu tout naturellement à l’officine située dans ledit centre commercial et à mon arrivée, je me suis arrêté au dispositif mis à disposition pour la désinfection des mains, tout en apercevant qu’une employée se tenait à proximité. C’est alors que les choses se sont précipitées à la vitesse “grand V” puisque je n’ai pas eu le temps d’actionner la pompe de liquide hydroalcoolique que j’ai entendu ladite personne s’adresser à moi, sans dire Bonjour :

  • Qu’est-ce que vous faites là vous ?
    Ma réaction a été instantanée :
  • Je viens faire un achat à la pharmacie et je retourne chez moi, suite de quoi je suis entré !

Cet événement peut paraître anodin. Par contre il a reflété pour moi, l’ostracisme, l’exclusion dont ont pu être victimes les aînés surtout en cette période de 2020. J’ai été vraiment frustré et déçu de vivre ce moment-là. Je me suis vu comme un pestiféré.

Si je m’estime heureux de pouvoir vivre une retraite sans prendre de médicament, en pratiquant un peu de musculation, de la marche, en utilisant toujours ma moto, en bénéficiant d’une nourriture équilibrée et variée, en vivant au sein d’une “vie de famille” j’ai compris que mon âge pouvait être à lui seul un handicap !

Je terminerai en disant que depuis le printemps 2020, les choses ont évolué et actuellement, ma classe d’âge n’est plus montrée du doigt à l’égard de la Covid-19.

Francis Bianconcini