#humansofpandemics. 20.03.2020. « Le vendredi 20 mars, mon ordinateur a commencé à me lâcher. J’ai dû courir chez mes parents (en Valais alors que j’habite à Neuchâtel) pour aller chercher un ordinateur de secours. Déjà là, dans le train, il n’y a eu que très peu d’interactions. Tout le monde s’évitait. La seule interaction que j’ai pu avoir était avec le chauffeur du bus qui me ramenait dans mon village, qui m’a fait une remarque parce qu’il pensait que je me baladais alors que c’est fortement déconseillé.

Ensuite, de retour à Neuchâtel, avec mon colloc nous décidons d’aller faire les courses. Je lui propose de mettre les masques que ma maman m’avait donné juste avant de repartir à Neuchâtel (des masques périmés puisque datant de la période H1N1) pour voir quels changements seraient apportés par le port d’un masque. C’était une interaction totalement différente. Personne n’osait nous regarder, et nous ne regardions personne. « Je n’existe pas et personne n’existe ». Seule la pharmacienne et les vendeuses nous dévisageaient. Est-ce que nous sommes ridicules parce qu’ils ne protègent pas (selon une rumeur) ou est-ce qu’ils ont peur de nous en pensant que nous sommes atteints du COVID-19 ?

Finalement, avec cette initiative d’applaudissement tous les soirs à 21h, il s’est passé quelque chose de vraiment positif ! En applaudissant par la fenêtre, nous avons incité une voisine à le faire aussi et maintenant, nous discutons d’une fenêtre à l’autre. Durant la journée, quand nous fumons à la fenêtre, cette dame sort aussi et nous discutons rapidement du temps et des températures. C’est surprenant, d’autant plus que nous n’avions jamais vu cette vieille dame auparavant (alors que ça fait 4 ans que j’habite le même appartement ! ). »

Céline Rumpf

Ce témoignage nous a été partagé par le site Co-vies20