#humansofpandemics Laélia c’est l’histoire d’une vocation.

Elle m’a raconté comment tout a commencé : en allant à l’école, cette petite fille croise un chat ensanglanté sur la route. Elle ne réfléchit pas, bondit au milieu des voitures, prend l’animal dans ses bras et le sert contre elle. C’est sa première rencontre mémorable avec la mort. Le petit chat rend l’âme en la regardant. Ça l’a marquée : pourquoi personne ne s’est arrêté ? Comme si cela n’avait aucune importance, comme s’il n’avait aucune importance.

Elle grandit ; les animaux qui ont besoin de soins continuent de croiser son chemin. Laélia s’arrête sur l’autoroute pour vérifier si celui-ci est bien mort, ramène celui-là chez elle et le soigne.

C’est devenue une amie très proche avec le temps : je l’ai vue avec son mini-refuge dans une pièce de sa maison. Sa joie alors qu’elle a appris, il y a quelques années, qu’elle allait ouvrir son propre centre de soin : c’était les débuts d’Erminea. La construction de la volière. Puis une autre volière. Les projets d’agrandissement du centre sur deux étages… Partie de rien, en donnant tout, son monde n’a de cesse de s’étendre. Les animaux de la faune – ces mal-aimés par ce qu’ils n’ont pas de noms, par ce qu’on ne peut pas les câliner – ont un hôpital. Les histoires tragiques et merveilleuses s’accumulent. Un matin elle retrouve une fouine blessée devant le centre, elle attend patiemment que l’on s’occupe d’elle, n’offre aucune résistance quand on la prend pour l’ausculter. Je me plais parfois à m’imaginer que les animaux savent, qu’ils ont compris qu’Erminea est leur refuge, Laélia leur protectrice.  


Elle m’a appris, il y a peu, comment la Covid avait influencé la situation, je me suis alors demandée : #humansofpandemics peut-il faire une petite place aux animalsofpandemics ?

Ariane Mérillat