#humansofpandemics. Deuxième semaine de confinement, mars 2020. Texte d’un-e gymnasien-ne

Voilà deux semaines que nous sommes enfermé chez nous, pour la plupart avec nos familles. Il faut bien se l’avouer, la cohabitation n’est pas facile; personnellement, je peux m’estimer heureuse, mes frères et sœurs étant sortis du nid, je n’ai plus que mes parents à supporter, mais je ne vais pas vous mentir, ils sont insupportables. Je pense que, comme tout le monde, ils deviennent paranos, ils ont peur de ce virus, ce que d’un certain point de vue je peux comprendre. Mais d’un autre côté, à quoi ça sert de paniquer ? A part de s’entre-tuer quand la pression sera trop grande. Pour ma part, j’ai déjà imaginé tuer mon père des millions de fois dès le premier jour.

Je ne suis pas passée à l’acte car, je dois avouer il est bien utile; il me fait les repas de midi. Car en plus d’être enfermé avec eux, le gymnase nous envoie du travail, et pas qu’un peu. Nous ne savons même pas où ce confinement nous mènera avec nos études; comment être motivé si la fin n’est même pas certaine ? De plus, je dois avouer que travailler chez soi est décourageant, je pense au gymnase H24, je n’arrive pas à me le sortir de la tête, il n’y a plus de chez moi, plus d’endroits où je peux simplement me détendre et me dire, ici je n’ai plus de responsabilités: je vis, je ressens j’exprime.

Mais aujourd’hui j’ai un but, je dois réussir à trouver un moment pour moi, peut-être pourrais-je retenter d’apprendre le piano, chose que j’ai dû abandonner avec la charge de travail. Je pourrais aussi peindre ou lire, peut-être même que je pourrais sortir, courir ou faire du yoga sur ma terrasse.

En bref, durant cette dure période de confinement, il nous faut nous réguler, nous mettre des barrières et s’écouter. Remplir nos besoins et apprendre à aimer les défauts de nos colocataires.

Ce témoignage provient d’un journal de confinement online tenu par des gymnasiens et gymnasiennes