#humansofpandemics. 23 mars 2020. Texte d’un-e gymnasien-ne

Je suis enfermé. Et ce n’est pas comme si j’avais eu le choix, je suis enfermé et je ne peux rien y faire. Les autres aussi sont enfermés. Être à l’extérieur est devenu quelque chose de dangereux pour notre vie. Non. Pas seulement être à l’extérieur. Tout ce qui composait notre quotidien est devenu dangereux. Et tout cela à cause de quoi ? D’une chose que l’on ne peut même pas voir, une chose dont l’existence prend une énorme ampleur mais que personne ne peut percevoir avant de la subir. C’est pourquoi nous sommes enfermés. Certains ont plus de chance que d’autres dans ce genre de situation. En tout cas, c’est ce que je pense. Moi, enfermé dans mon deux pièces au sixième étage d’un immeuble. Elle, sur la terrasse de sa jolie villa au bord du lac. Nous ne vivons pas la même expérience et pourtant nous sommes dans la même situation. Parfois, je passe ma tête par la fenêtre pour fumer une cigarette et je vois mon voisin d’à côté faire de même. Nous échangeons quelques mots, histoire de passer le temps, puis nous disparaissons à nouveau chacun dans notre cage, tels des animaux enfermés. Je passe mes journées à tourner en rond sans savoir quoi faire. Je fixe le plafond en laissant mes pensées divaguer. Je me sens seul. Je suis enfermé.

Ce témoignage provient d’un journal de confinement online tenu par des gymnasiens et gymnasiennes